
(Voici le decriptif et deux extraits du premier recueil de poésie de Maxime Raymond, Je pense que ce recueil s'adresse à toi, publié chez Ta Mère )
Entre la déconstruction elliptique du discours et les affres de l’existence urbaine, il existe un survivant hésitant face à autant de troubles : Maxime Raymond. Dans une poésie où la métaphysique peut facilement côtoyer un paquet de cigarettes, le poète observe ce reflet du monde qui s’imprime sur ses propres rétines pour en faire surgir des textes d’une franchise toute personnelle et marquée du sceau de la négation. Négation du monde, négation de l’autre, négation du moi… le tout jusqu’au constat final, lequel ne suggère qu’une chose : entre l’expérience d’une vie qui ne convient peut-être pas à celui qui l’éprouve et la déchéance de l’être, on trouve la Poésie.
Et ça, Maxime Raymond le sait, et il l’offre aux yeux de tous, pour la première fois, avec Je pense que ce recueil s’adresse à toi.
À vent d’histoire
Tous les principes se dysfonctionnent
Et les solitudes ont raison
Quand la banlieue est oasis
Quand Montréal reste quand même
La ville d’une fin de semaine sur deux
La fin du monde en variable
L’altitude inconnue
Quand les poèmes ne font rien d’autre qu’étirer
Le deuil de cent millions de couleurs
Auditorium
Ou que je suis ou que je plane je ricochette une vingtaine sentinelle de ma chute loin des graves obèses quand je t’achète feu d’artifice quand je revois en super-huit les après-midi rien n’y fait
mes souvenirs ne sont plus clairs de mots vibrants. Ils sont physiques comme caresse un ventre les saisons sentiments indescriptibles qui reviennent avec la musique qu’on écoutait trop par le bout de nos doigts où la pendaison est quelqu’un d’autre où mes amis sont cartes postales perdues comme chanteur de folk dans l’ère post-américaine la naissance qui arrive et le sens de la vie labyrinthe un théâtre les enfants apeurés insoumis et les bières de trop les mariages les géants devenus humbles devant les songes oubliés des premiers poètes comme nos années qui changent d’orientation sexuelle les presque femmes (astronautes) se déviergeant nos étoiles embellissent si loin qu’on commence à s’en faire.