
(Voici le descriptif et un extrait du premier recueil de poésie de Guillaume Cloutier, American épopée, publié chez Ta Mère)
D’une poésie graphique et crue, magnifiquement tissée à travers le drapeau américain, Guillaume Cloutier nous propose un voyage abrupt et sans retour chez notre voisin du sud, s’inspirant de sa culture de l’excès gras et brillant, de sa musique éternelle, de ses paysages plus grands que nature et surtout de sa langue puissante et parasite.
Mais attention, l’auteur n’est pas qu’un témoin passif et critique de la nation États-Unienne : il s’enfonce goulûment en elle dans un parcours de dépravation qui le mène de New York à Honolulu, par les grandes autoroutes bordées de «stops». Il croisera sur son chemin des fantômes du Far West, des nouveaux prophètes, des vieux soldats musiciens, des junkies, des idoles de la culture pop, des sidéens et surtout le véritable héritier de ce Nouveau Monde, celui à qui aurait dû être dédié ce recueil : l’américain moyen, obèse et suffisant, obscène et religieux, fier esclave d’une société que tous ont déjà détestée et enviée. Bienvenue à bord.
N.Y.C.
(New-York Caprice)
High times in Greenwich Village
Les enfants volent des disques des Strokes
Au Tower du coin en laissant les boîtiers vides
Lick this lollipop
And get it through your non-sticky brain
Seasoned with gross stupidity
L’ignorance populaire
Est grosse comme une diva de Broadway
***
Au Feather’s Coffe Shop it was AIDS night
Une Bud gratuite pour chaque infecté
On attirait les touristes en chaps
En se faisant passer pour des biker poets
If you’ve got a map to your ass
Then I’ll draw the sky on it for you
…
Oh so happy to be alive on this new morning
Merci à la guerre du Golfe pour mon derrière en plastique
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Cheerful insanity in the streets
The Lors fucks the Jesus freaks
And all God’s children got rhythm
Said le prophète qui puait le gospel
Il prêchait la bonne nouvelle aux drag queens du Studio 54
Après s’être poudré entre deux speakers
I’ll love you later baby
‘cause my shepherd is callin’ me
***
Hear comes your morning song
Qui remplit le bachelor studio
7 a.m. on 42nd street
Your coffee’s cooling on the window-sill
Le chat gratte sa gamelle
La Dream Machine joue trop fort de ne pas avoir été snoozée
And beyond all of this
Revient le son bourré d’érotisme de toi qui pisse
***
Hey fast life rider
Masturbating on the N.Y.U. campus
Ton bouc d’intellectuel ne fera pas renaître un écosystème
Et de venir sur Terre ne sauvera pas le monde
Today is made of yesterday and tomorrow
Leave the buildings fall apart by themselves
Vasectomise-toi et retourne à tes livres
Before the freaks take over America
***
Junky breeze on Brooklyn Bridge
There’s a moldy smell in the wind
Quand on s’embrasse un goût de McDonald’s me prend
You’re the Supersize Meal of my life
Though you were raped by Wendy yesterday
Et ton tire Goodrich commence à m’écoeurer
L’Hudson est un intestin
Into which I’ll drown you
Oh I’m telling you baby
Tonight on C.N.N.
The wrinkled evening King won’t believe it.